Agence canadienne d'inspection des aliments – Cadre d'intervention à l'égard du fulgore tacheté (Lycorma delicatula)

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Avant-propos et objectif

Le présent cadre d'intervention décrit les mesures que l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) pourrait prendre à la suite de la détection du fulgore tacheté au Canada. Il présente les principaux points de décision et les mesures d'intervention correspondantes prévues, depuis la détection initiale de l'insecte jusqu'à la déréglementation, en passant par la confirmation de la présence d'une population établie, l'établissement d'une zone réglementée et l'expansion de la population. Les paramètres et les éléments déclencheurs permettant de passer d'une étape à l'autre de l'intervention y sont aussi décrits. Le cadre d'intervention est un document évolutif qui pourra être mis à jour en fonction des nouveaux renseignements ou des nouvelles technologies.

Le Document de décision de gestion de risque phytosanitaire : gestion du risque posé par le fulgore tacheté contient un résumé de l'évaluation du risque. Il comporte en outre des renseignements plus détaillés sur les aspects suivants :

  • la biologie du ravageur;
  • la gamme d'hôtes;
  • les zones canadiennes menacées;
  • les voies d'entrée;
  • les incidences économiques potentielles.

Il présente par ailleurs aperçu des considérations relatives à la gestion du risque et des éléments de l'intervention de l'ACIA à l'égard du fulgore tacheté, notamment la transition entre le traitement d'une détection initiale et l'établissement d'une zone réglementée.

Inspiré du document de gestion du risque, le cadre d'intervention traite notamment des considérations relatives à l'étendue d'une zone réglementée et des paramètres qui orienteraient le passage à la déréglementation.

Un cadre régissant l'intervention de l'ACIA, qui comprend le passage à la déréglementation, vise à offrir aux parties prenantes et aux partenaires la prévisibilité et la transparence nécessaires, pendant qu'ils élaborent des approches complémentaires de gestion du fulgore tacheté pour leurs secteurs, provinces ou territoires respectifs. Nous les encourageons à intégrer ces approches dans le présent cadre d'intervention à mesure qu'elles évoluent.

1. Définitions

Aux fins du présent cadre, nous utilisons les définitions suivantes, qui sont tirées de la page Web de l'ACIA présentant un tableau des observations du fulgore tacheté au Canada.

Observation
Signalements de la présence du fulgore tacheté au Canada dont l'ACIA a connaissance, y compris ceux effectués sur des sites Web publics, notamment iNaturalist Canada, Facebook, etc. L'ACIA a effectué un suivi et n'a pas pu confirmer les signalements, car aucun spécimen de l'insecte n'a été trouvé.
Interception
Présence du fulgore tacheté vivant ou mort, confirmée par l'ACIA grâce à la collecte de spécimens, mais non observée lors des enquêtes officielles de l'ACIA.
Détection
Présence du fulgore tacheté vivant, confirmée dans l'environnement canadien lors des enquêtes officielles de l'ACIA.
Population établie
Présence d'une population reproductrice dans l'environnement canadien, confirmée par des enquêtes officielles de l'ACIA. (Remarque : bien que la détection de masses d'œufs dans l'environnement constituerait une preuve de la présence d'une population se reproduisant, d'autres facteurs pourraient devoir être pris en compte pour en déterminer l'établissement.)

2. Contexte

Le fulgore tacheté est une cicadelle envahissante qui se nourrit de sève et qui cause des dommages directs et indirects aux plantes.

Détecté aux États-Unis en 2014, le fulgore tacheté s'est propagé depuis au point d'infester de nombreux États américains (en anglais seulement). À l'heure actuelle, on le retrouve tout près de la frontière canadienne où il a été détecté à Buffalo, dans l'État de New York, ainsi qu'à Pontiac, au Michigan, à proximité de régions de culture de raisins du Canada.

Le fulgore tacheté passe la majeure partie de sa vie sur les arbres et les plantes ligneuses et peut se nourrir d'une centaine de plantes hôtes ligneuses et herbacées.

Les premiers cas observés de fulgore tacheté se nourrissant sur des hôtes ont fait craindre des effets directs potentiels sur un large éventail d'hôtes, notamment des répercussions importantes sur les fruits à pépins et à noyau, de même que des répercussions sur les érables et le sirop d'érable. La nutrition du fulgore tacheté sur de jeunes plants pourrait avoir des conséquences négatives et des effets sur la santé des végétaux pourraient être observés en raison de la croissance de fumagine associée au sous-produit de cette alimentation. Le fulgore tacheté n'est toutefois pas considéré comme un ravageur forestier, car aucun effet direct majeur n'a été observé dans les zones où l'insecte s'est établi et nul n'est prévu au Canada. Aucune incidence directe importante n'a été observée sur une vaste gamme d'hôtes, dont les fruits à pépins et à noyau et les érables, dans les régions des États-Unis où le fulgore tacheté s'est établi. Selon des recherches et des observations récentes, l'effet direct le plus important du fulgore tacheté se fera sentir sur les producteurs de raisin et de vin.

Aux États-Unis, des répercussions notables ont été observées sur le raisin dans les zones infestées par le fulgore tacheté. L'industrie vitivinicole canadienne représente des retombées économiques de 11,5 milliards de dollars pour l'économie du pays. La superficie consacrée à la production de raisin au Canada variait de 12 521 à 13 826 ha entre 2019 et 2023, soit une moyenne de 13 105 ha (Aperçu statistique de l'industrie fruitière du Canada, 2023). Il y a des vignobles dans le sud de l'Ontario, le sud-ouest de la Colombie-Britannique, le sud du Québec et le Canada atlantique et ceux-ci chevauchent directement la zone considérée comme à risque pour l'établissement du fulgore tacheté au Canada.

Le rapport intitulé Aperçu statistique de l'industrie fruitière du Canada est mis à jour chaque année. Les données mentionnées dans ce cadre d'intervention reflètent le rapport de 2023 qui était disponible au moment de la rédaction du cadre.

Compte tenu de ces répercussions, les cultures de raisin du Canada sont exposées à un risque accru de propagation du fulgore tacheté et l'ACIA a élaboré son cadre d'intervention en tenant compte de cette réalité.

Bien que l'ACIA n'ait pas détecté la présence du fulgore tacheté au moment d'élaborer le présent cadre, de multiples observations et interceptions ont été signalées (tableau des observations du fulgore tacheté) au Canada.

Pendant l'élaboration du cadre, l'ACIA a tenu compte de l'expérience des États-Unis liée au fulgore tacheté, tandis qu'il continuait de se propager de manière considérable malgré les efforts déployés pour lutter contre ce ravageur au moyen de produits antiparasitaires et de mesures de confinement.

3. Statut réglementaire au Canada

Le fulgore tacheté est un organisme nuisible réglementé au Canada depuis 2018. Depuis, des exigences canadiennes proactives et relatives à l'importation ont été établies. Bien que l'on ne s'attende pas à observer les effets directs les plus importants du fulgore tacheté dans les pépinières et le secteur forestier, le matériel végétal ligneux, comme le matériel de pépinière et les billes d'espèces à feuilles caduques avec écorce, constitue une excellente voie d'entrée et de transport du fulgore tacheté. Des exigences particulières ont été mises en place pour ces voies afin de ralentir l'introduction et la dissémination du fulgore tacheté. Cependant, le fulgore tacheté est un excellent auto-stoppeur qui peut aussi se déplacer sur d'autres objets que les végétaux ou les produits végétaux, par exemple les véhicules, les trains, les moyens de transport, les conteneurs d'expédition et les articles ménagers. Comme le fulgore tacheté est un organisme nuisible réglementé, il doit être absent de tout objet avant son entrée au Canada et, si l'organisme est établi, avant que l'objet soit transporté à l'extérieur d'une zone réglementée au Canada.

4. Sensibilisation et éducation

En collaboration avec l'industrie et ses partenaires fédéraux et provinciaux, l'ACIA travaille en amont pour ralentir l'introduction du fulgore tacheté et se préparer à intervenir à son arrivée.

Organisme fédéral responsable du fulgore tacheté, l'ACIA a élaboré un plan de préparation et mis sur pied un comité consultatif technique national chargé de mobiliser les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, les associations de l'industrie et d'autres parties prenantes susceptibles d'être touchées par le fulgore tacheté.

Pour ralentir l'entrée et la dissémination du fulgore tacheté, il est essentiel de mieux le faire connaître aux parties prenantes des divers secteurs, ce qui permettra d'intensifier sa surveillance, de favoriser son élimination et d'améliorer la production de rapports. À cette fin, l'ACIA a élaboré une série de produits de communication, notamment des pages Web, des campagnes dans les médias sociaux, une fiche de renseignements et une carte du phytoravageur. Par ailleurs, des représentantes et représentants de l'ACIA ont participé à des entrevues, à des webinaires et à la distribution de matériel de sensibilisation et ont présenté des exposés à des groupes de parties prenantes, notamment des parties prenantes non traditionnelles, comme le secteur des transports et les importateurs de gros volumes de marchandises, afin de les sensibiliser au risque que présente le fulgore tacheté, à la façon d'en signaler les observations et aux mesures qui peuvent être prises pour ralentir son entrée et sa dissémination.

En outre, l'ACIA a pris l'initiative unique de partager les observations sur le fulgore tacheté au Canada sur son site Web pour favoriser la communication rapide de l'information.

5. Signalement et notification d'un organisme nuisible réglementé

Il faudrait signaler sans délai toute observation suspecte d'un fulgore tacheté à l'ACIA : Fulgore tacheté – Vous le voyez? Photographiez-le, capturez-le et signalez-le

L'article 5 de la Loi sur la protection des végétaux du gouvernement fédéral décrit l'obligation de prévenir le ministre. Quiconque constate la présence d'un phytoravageur dans une zone où celui-ci n'était pas connu auparavant doit immédiatement en informer l'ACIA afin qu'un échantillon officiel puisse être obtenu en vue d'orienter les décisions réglementaires.

Aux termes de la Convention internationale pour la protection des végétaux (1997), le Canada est tenu de signaler la présence, l'éclosion et la propagation des organismes de quarantaine (Convention internationale pour la protection des végétaux, 2002). L'ACIA est tenue d'effectuer des enquêtes phytosanitaires et de vérifier toutes les mentions d'organismes nuisibles. Des rapports contenant de l'information sur l'identification de l'organisme nuisible, sa répartition, son statut et la nature du danger immédiat ou potentiel (y compris tout changement au statut de l'organisme nuisible) doivent être transmis aux autres pays. En ce qui concerne le fulgore tacheté, la confirmation de la présence d'une population établie et la mise en œuvre des mesures nationales décrites dans la directive entraîneront la production de rapports à l'échelle internationale.

6. Détection et suivi – surveillance

Multidimensionnel, le programme de surveillance du fulgore tacheté de l'ACIA intègre des activités de surveillance visuelle, des opérations de piégeage, des campagnes de sensibilisation du public, le transfert de connaissances à des collaboratrices et collaborateurs et des activités de sensibilisation en vue d'améliorer la détection et le signalement du ravageur. L'ACIA mène de vastes activités de recensement du fulgore tacheté partout au Canada, du printemps à l'hiver, afin de repérer tous les stades de développement. Par exemple, elle procède à l'inspection de nombreux sites pour y détecter la présence du fulgore tacheté et intervient rapidement en cas de signalements suspects.

L'ACIA collabore avec l'Agence des services frontaliers du Canada à la frontière pour détecter la présence du fulgore tacheté sur les moyens de transport et les importations avant leur entrée au Canada. Les voies d'importation en provenance des États où des infestations du fulgore tacheté sont connues, les principaux corridors de transport et la répartition des plantes hôtes dans l'environnement font partie des renseignements sur le risque qui sont utilisés pour orienter les efforts de détection et de surveillance.

L'ACIA encourage la planification des activités de surveillance et la production de rapports connexes de façon concertée en favorisant la saisie intégrée des données dans Survey123. De plus, le protocole de surveillance du fulgore tacheté de l'ACIA est amélioré et communiqué aux partenaires chaque année dans le but de favoriser l'uniformité et la complémentarité des activités de surveillance réalisées au Canada. L'ACIA publie un rapport d'enquête annuel qui résume les efforts déployés à l'échelle nationale pour surveiller les ravageurs tels que le fulgore tacheté.

7. Identification

L'ACIA est en mesure de distinguer facilement les masses d'œufs, les adultes et les nymphes du fulgore tacheté des autres insectes. Des photos claires (horodatées et géolocalisées, dans la mesure du possible) peuvent suffire pour déclencher une première analyse de l'incursion. Les échantillons prélevés par l'ACIA sont toujours envoyés à son laboratoire de diagnostic aux fins de confirmation officielle.

8. Propagation

Aux États-Unis, le fulgore tacheté n'a cessé de se propager depuis sa première détection dans l'est de la Pennsylvanie en 2014 (Lee et al., 2019). Depuis, il a continué de se propager et, au printemps 2025, il était présent dans 19 États. L'insecte n'a jamais pu être éradiqué avec succès d'aucune population établie aux États-Unis.

Selon les données disponibles, le fulgore tacheté se propage à la fois par dissémination graduelle naturelle (colonisation constante des zones adjacentes sur de courtes distances) et par dispersion par saut (transport sur de longues distances généralement attribuable à l'activité humaine) (Belouard et al., 2025).

8.1 Dissémination graduelle naturelle

La dissémination naturelle du fulgore tacheté est très lente en raison de la faible capacité de dispersion des adultes et des nymphes (en général, les adultes ne se déplacent pas à plus de 50 m par eux-mêmes, bien que le transport par le vent ait déjà entraîné un déplacement extrême de 200 m). Selon certaines sources, le fulgore tacheté pourrait se disperser naturellement davantage dans certaines conditions, par exemple au cours d'épisodes de vent fort ou lorsque la population d'insectes a dépassé la capacité limite de son emplacement actuel.

Keller et ses collaborateurs (2026) ont modélisé le taux de dissémination de populations satellites du fulgore tacheté. Ils ont constaté que, au cours de leur première année de propagation, les populations satellites isolées se propageaient généralement sur de courtes distances, avec des déplacements médians de leurs limites compris entre 0 km et 10,6 km. La plupart des populations satellites présentaient un déplacement médian de leurs limites inférieur à 1,5 km au cours de la première année suivant leur découverte.

Malgré ce rythme de dissémination naturelle relativement lent, la disponibilité de plantes hôtes facilitera la propagation du fulgore tacheté et, à l'heure actuelle, il n'existe aucun ennemi naturel connu au Canada susceptible d'entraver son déplacement. Par conséquent, si le fulgore tacheté arrive au Canada, il est probable qu'il se propage lentement de façon naturelle et diffuse autour de tout épicentre d'établissement.

8.2 Propagation attribuable à l'activité humaine – dispersion par saut

La voie de propagation la plus probable en dehors d'une zone localisée reste la dissémination des masses d'œufs et des auto-stoppeurs attribuable à l'activité humaine, qui peut être considérée comme un mécanisme de dispersion par saut. La dispersion par saut peut entraîner l'établissement de populations satellites susceptibles de devenir des points de départ pour des invasions satellites.

En ce qui a trait à la propagation du fulgore tacheté en Amérique du Nord, les modélisations de la dispersion par saut réalisées par Belouard et al. (2025) et Cook et al. (2021) ont permis de tirer des conclusions similaires : la dispersion par saut entraînait une propagation plus rapide que la dissémination graduelle. La modélisation réalisée par Belouard et al. (2025) a révélé que plus de la moitié des sauts de dispersion donnaient lieu à des invasions satellites au cours de l'année suivant la détection de l'insecte. La probabilité qu'un épisode de dispersion par saut réussisse dépend du nombre de tentatives de dispersion par saut à partir d'un site donné et du nombre d'individus effectuant chaque saut. À mesure que la population d'un site satellite augmente, le nombre d'individus susceptibles d'effectuer un saut augmente, ce qui accroît la probabilité qu'un épisode de dispersion par saut finisse par aboutir à l'établissement d'une population (Simberloff, 2009). La dynamique et le taux de croissance de la population dans un site d'invasion satellite peuvent donc influencer la probabilité que l'envahisseur réussisse un autre épisode de dispersion par saut.

La modélisation réalisée par Belouard et al. (2025) indique que la distance moyenne d'un saut n'a pas changé au fil du temps, 89 % des sauts étant inférieurs à 200 kilomètres (km) et seuls trois sauts dépassant 300 km. Le taux de propagation global était de 41 km par an, avec un écart-type de ± 24 km, mais reculait à 25 km par an, avec un écart-type de ± 11 km, si l'on ne tenait compte que de la dissémination graduelle.

Cook et al. (2021) ont constaté que, en moyenne, le nombre de nouveaux comtés envahis par année avait augmenté depuis la découverte initiale. En effet, au cours de la période de l'étude, ils ont compté de 0 à 14 épisodes de dispersion sur de longues distances par an et des distances médianes de saut variant entre 55 à 92 km par an. Le taux radial de propagation, fondé sur deux des trois méthodes d'analyse appliquées, variait de 38,6 à 46,2 km par an.

9. Ralentir la propagation

D'après la recherche, l'activité humaine constitue le principal risque de dispersion par saut du fulgore tacheté et des efforts visant à limiter le transport de l'insecte par l'humain pourraient en réduire le taux global de propagation.

Prévenir la propagation par l'humain, ou la réduire autant que possible, peut ralentir le taux effectif de propagation du fulgore tacheté dans une zone et limiter le risque d'un nombre encore plus élevé de sauts de dispersion à partir de nouveaux sites d'établissement situés en dehors d'une zone adjacente où le fulgore tacheté est présent. Les modélisations effectuées par Keller et al. (2026) et par Cook et al. (2021) a permis de conclure qu'il serait possible de ralentir le taux de propagation du fulgore tacheté en tant qu'espèce, si des mesures de gestion ciblaient les populations satellites récemment établies avant que leur taux de propagation ne s'accélère pour atteindre les cadences élevées observées autour des principaux épicentres d'invasion. Belouard et al. (2025) ont conclu que les efforts de gestion ciblant la dispersion par saut devraient être axés sur une zone tampon de 200 km autour de la limite de l'invasion, là où 89 % des sauts ont lieu.

Il convient toutefois de souligner que le fulgore tacheté a continué de se propager aux États-Unis de manière considérable malgré les efforts de lutte contre l'insecte. En raison de la proximité du fulgore tacheté avec le Canada, du volume des échanges commerciaux ainsi que du trafic en provenance des zones infestées par ce ravageur et des nombreuses voies d'entrée potentielles par lesquelles les masses d'œufs, les larves et les adultes auto-stoppeurs peuvent se disséminer, il serait impossible d'imposer des exigences spécifiques à toutes les voies d'entrée et à tous les produits issus de zones infestées aux États-Unis ou au Canada après que le fulgore tacheté est établi ici. Les mesures réglementaires prises par l'ACIA viseront à retarder l'introduction et à ralentir la propagation afin de réduire autant que possible les répercussions sur les parties prenantes canadiennes le plus longtemps possible, tout en acceptant le caractère inévitable de l'entrée et de l'établissement du fulgore tacheté, de même que les limites du contrôle réglementaire.

10. Stratégies de gestion

10.1. Analyse de l'incursion

Une analyse de l'incursion aura lieu après la détection du fulgore tacheté au Canada.

Cette analyse tiendra compte des grands facteurs suivants :

  • caractéristiques de la zone infestée (emplacement, répartition et nombre d'articles infestés, proximité des couloirs de transport et volume de trafic de ces derniers);
  • environnement autour de la zone infestée (prévalence d'arbres hôtes, couvert forestier par rapport à la zone urbaine);
  • nombre de générateurs de risques (parties prenantes qui manipulent des articles réglementés, y compris les propriétaires de terrains boisés, l'industrie forestière, les arboriculteurs, les vendeurs de bois de chauffage, les pépinières de gros et de détail, les membres du public, etc.);
  • ampleur et complexité du transport des articles réglementés hors de la zone infestée;
  • niveau de risque en fonction de la période de l'année où la détection a lieu;
  • stades de développement observés et taille de la population.

L'analyse de l'incursion orientera la stratégie de gestion.

10.2 Éléments déclencheurs d'une intervention

Principaux indicateurs de l'analyse de l'incursion susceptibles de déclencher une interventionNote de bas de page 1

Tableau 1: Principaux indicateurs de l'analyse de l'incursion susceptibles de déclencher une intervention
Principal indicateur Stratégie de gestion Intervention
Détection du fulgore tacheté dans l'environnement canadien Lutte active/éradication Traitement ordonné
Confirmation de la présence d'une population établie Confinement avec zone réglementée Mise en œuvre d'exigences de circulation en territoire canadien
Augmentation de la population Élargissement de la zone réglementée Application plus large des exigences de circulation en territoire canadien
Confinement inefficace Déréglementation Élimination des exigences de circulation en territoire canadien et d'importation

Chaque mesure d'intervention déclenchée par les principaux indicateurs est expliquée de manière détaillée dans les sections qui suivent et l'annexe 1 contient une représentation visuelle.

10.3 Éradication : lutte active pour ralentir l'établissement

Objectif principal : éliminer le ravageur dans une zone précise.

En cas de détection du fulgore tacheté au Canada (insecte vivant observé dans l'environnement, sans preuve de la présence d'une population reproductrice), l'ACIA envisagera la possibilité de mettre en œuvre des mesures de contrôle réglementaires localisées pour réduire le risque immédiat de propagation dans l'environnement local et atténuer le risque d'établissement du ravageur.

Voici des exemples de mesures de contrôle.

  • interdire la circulation d'articles potentiellement infestés en dehors d'une zone où le ravageur a été détecté.
  • mettre en quarantaine les produits importés sur lesquels le ravageur a été détecté.
  • ordonner le traitement, par exemple le retrait et la destruction physiques du ravageur ou l'application de produits chimiques antiparasitaires homologués, pour rendre l'organisme nuisible non viable (selon les solutions de traitement approuvées offertes au moment de la détection).

La méthode de traitement dépendra de la situation. La partie ayant la garde ou le contrôle d'une zone ou d'un article infesté serait responsable d'organiser les traitements ordonnés et d'assumer les coûts afférents.

L'approche décrite précédemment pour éradiquer les incursions localisées serait adoptée pendant la phase de détection précoce dans le but de ralentir l'établissement du fulgore tacheté au Canada, si les efforts de contrôle axés sur des incursions localisées sont jugés réalisables et efficaces. Ces décisions peuvent nécessiter la consultation des autorités provinciales compétentes.

Pour atténuer le risque associé au transport du fulgore tacheté en dehors de la zone de détection, l'ACIA pourrait émettre un avis d'interdiction de déplacement visant les propriétés de particuliers ou parties de propriétés où le fulgore tacheté a été détecté. Des articles réglementés seraient définis sur l'avis d'interdiction de déplacement et le transport de ces articles à l'extérieur de la zone définie sur l'avis serait interdit en l'absence de mesures d'atténuation du risque adéquates et d'une autorisation écrite d'une inspectrice ou d'un inspecteur de l'ACIA. Une vérification visuelle visant à s'assurer qu'aucun fulgore tacheté n'est présent sur un article transporté ferait toujours partie des mesures d'atténuation, qui pourraient aussi comprendre un traitement ou d'autres mesures. Des orientations supplémentaires concernant ces mesures seraient fournies par l'ACIA.

L'utilisation d'un avis d'interdiction de déplacement serait recommandée aux fins du contrôle réglementaire à court terme d'une zone, au niveau de la propriété, afin de réduire le risque immédiat de propagation et de permettre la mise en œuvre de mesures d'atténuation, tout en laissant le temps nécessaire pour mener à bien les activités de surveillance visant à recueillir des données sur la répartition du ravageur.

Toute mesure de contrôle réglementaire mise en œuvre à ce stade est censée être de courte durée et devrait être abolie dès que l'incursion localisée sera jugée non viable ou que les efforts d'éradication auront abouti ou encore évolué, si le statut du ravageur passe de « détecté » à « établi ».

La lutte active devrait être l'approche privilégiée lorsque l'analyse de l'incursion montre qu'il est possible d'empêcher l'établissement du fulgore tacheté d'après les facteurs énumérés à la section 10.1 (analyse de l'incursion).

10.4 Confinement dans une zone réglementée intérieure pour ralentir la propagation

Objectif principal : ralentir la propagation du ravageur, limiter sa répartition géographique et réduire autant que possible son transport et ses répercussions à l'extérieur d'une zone réglementée.

Dans le cas du fulgore tacheté, le ralentissement de sa dissémination devrait constituer l'approche privilégiée lorsque l'analyse de l'incursion démontre qu'il n'est pas possible de l'éradiquer, c'est-à-dire de l'empêcher de s'établir, ou que la présence d'une population établie est confirmée et que le confinement de celle-ci à l'intérieur d'une zone réglementée est jugé réalisable. Cette décision devrait tenir compte des facteurs énumérés à la section 10.1 et permettre d'évaluer s'il serait aussi profitable pour d'autres zones à risque de tenter d'empêcher des épisodes de dispersion par saut à partir de la ou des infestations établies.

L'ACIA ne procédera pas à l'éradication des populations établies du fulgore tacheté, mais elle créera des zones réglementées pour en ralentir la propagation, dans la mesure du possible.

S'il est déterminé que le fulgore tacheté s'est établi au Canada (confirmation de la présence d'une population reproductrice), les efforts réglementaires de l'ACIA viseront à ralentir la propagation du ravageur et à protéger les zones non infestées du Canada. Cet objectif sera réalisé grâce à l'établissement de zones réglementées et à la mise en œuvre des exigences relatives à la circulation en territoire canadien énoncées dans la directive D-24-01 pour faciliter le transport des articles à haut risque à l'extérieur de ces zones, tout en atténuant le risque de propagation du fulgore tacheté. À cette étape de l'intervention, l'ACIA n'ordonnerait plus de traitement pour soutenir l'éradication dans les zones où le ravageur est considéré comme établi. Bien que la détection de masses d'œufs dans l'environnement puisse être une preuve de la présence d'une population reproductrice, on pourrait devoir examiner d'autres facteurs pour déterminer qu'on est en présence d'un établissement.

Dans cette stratégie de gestion, des contrôles réglementaires sont mis en œuvre pour ralentir la propagation du fulgore tacheté par l'humain et protéger les zones non infestées en limitant la circulation des articles réglementés. Une fois que le fulgore tacheté sera établi au Canada, l'activité humaine fera augmenter le risque de propagation dans de nouvelles régions. Dans le cas du fulgore tacheté, en raison de la biologie et du comportement du ravageur, son établissement dans une zone peut facilement entraîner une dispersion par saut vers un endroit plus éloigné. Un plus grand nombre de sauts peut accroître le nombre de sites satellites et ainsi accélérer la propagation du fulgore tacheté.

L'ACIA adopte différentes mesures réglementaires pour prévenir et limiter la propagation de phytoravageurs sur le territoire canadien. Plusieurs instruments réglementaires peuvent être utilisés pour gérer la circulation des articles réglementés et ralentir la propagation du fulgore tacheté au Canada.

  • Pour ce qui est de la détection du fulgore tacheté, durant les étapes qui suivent immédiatement l'établissement, l'ACIA pourrait émettre un avis d'interdiction de déplacement ciblant les propriétés de particuliers où le fulgore tacheté a été détecté.

    À mesure qu'une zone infestée s'agrandit et que le ravageur étend son aire d'établissement, l'émission d'un avis d'interdiction de déplacement visant les propriétés de particuliers devient moins efficace. Les nombreux moyens que le ravageur peut emprunter pour s'échapper de ces propriétés et la quantité de ressources nécessaires à l'ACIA pour émettre et gérer les avis remis à des particuliers expliquent cette situation. Toutefois, cet instrument serait l'option de gestion à court terme la plus efficace au pays pour assurer le contrôle des déplacements du fulgore tacheté au Canada pendant qu'on s'affaire à mettre en œuvre d'autres instruments réglementaires à long terme.

  • Une fois que le ravageur est considéré comme établi et que son aire de distribution géographique est connue, un arrêté ministériel peut être recommandé au ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire pour déclarer une zone infestée par le fulgore tacheté afin de gérer le déplacement d'articles réglementés et de ralentir la dissémination du ravageur par diverses voies liées à l'activité humaine.
  • Au lieu d'un arrêté ministériel, le document Interdictions et restrictions relatives à la circulation au Canada en vertu de la Loi sur la protection des végétaux peut préciser les interdictions ou restrictions relatives à la circulation en territoire canadien.

    Les marchandises réglementées et les exigences à respecter avant que le transport soit autorisé peuvent être décrites dans ce document. Les zones touchées peuvent être indiquées dans le document ou définies dans la directive.

Ces deux dernières options visent la gestion à long terme du fulgore tacheté sur le territoire canadien et devraient être recommandées en raison des répercussions possibles de ce ravageur, de la probabilité qu'il s'établisse au Canada une fois entré et de la nécessité d'intervenir rapidement pour limiter la circulation du ravageur facilitée par les divers moyens de transport utilisés par l'humain.

Contrairement à la réglementation par avis d'interdiction de déplacement, la réglementation par arrêté ministériel ou par mention dans le document Interdictions et restrictions relatives à la circulation au Canada en vertu de la Loi sur la protection des végétaux permettrait le transport d'articles réglementés à l'intérieur d'une plus grande zone réglementée, sans restriction, tout en interdisant leur déplacement hors de la zone réglementée, sauf si les exigences énoncées dans la directive D-24-01 sont respectées. Par ailleurs, il ne serait plus nécessaire d'informer l'ACIA des observations du fulgore tacheté dans une zone réglementée, car on s'attendrait à la présence de l'insecte dans cette zone dans un avenir prévisible. On pourrait procéder à l'application de produits antiparasitaires homologués contre le fulgore tacheté conformément aux instructions sur l'étiquette, sans que l'ACIA ne l'ordonne, dans une zone réglementée.

10.5 Considérations relatives à la superficie de la zone réglementée

La superficie d'une zone réglementée à l'égard du fulgore tacheté dépendra de l'ampleur de l'infestation au Canada.

Une fois que le fulgore tacheté est établi au Canada, on propose de réglementer le district administratif infraprovincial ou infraterritorial (par exemple canton, comté ou division de recensement) dans lequel il est déterminé que le fulgore tacheté est établi ainsi que les districts contigus, le cas échéant, afin de retarder la propagation naturelle du fulgore tacheté. Prenons l'exemple de la structure de comté : il est proposé que la zone réglementée comprenne le comté où une population est établie (la « zone infestée ») et les comtés adjacents et contigus (la « zone tampon »). Voir la représentation visuelle de l'exemple de la structure de comté à l'annexe 3.

De nouveaux comtés d'établissement et autres comtés adjacents seront réglementés à mesure que la présence de nouvelles populations de fulgore tacheté sera confirmée. On propose que la découverte de populations établies en dehors d'une zone tampon entraîne la création d'une nouvelle zone infestée et d'une nouvelle zone tampon. Selon l'emplacement géographique des populations établies, on pourrait créer une seule zone réglementée plus grande, ou encore plusieurs zones réglementées qui pourraient éventuellement chevaucher la zone tampon autour des zones infestées.

Il faudra trouver un juste équilibre entre la facilitation du commerce, la protection des zones où l'entrée du fulgore tacheté devrait entraîner les répercussions les plus importantes (par exemple production de raisin) et les efforts visant à ralentir la propagation; ces facteurs seront pris en compte au moment de créer une zone réglementée. Ils pourraient entraîner la modification de la superficie d'une zone réglementée par rapport à celle décrite précédemment.

Les modélisations réalisées par Cook et al. (2021), Keller et al. (2026) et Belouard et al. (2025) présentent une fourchette des distances de dispersion par saut et il est généralement convenu que la plupart des sauts en Amérique du Nord étaient inférieurs à 200 km. Dans cette optique, on propose d'étendre une « zone de surveillance » sur 200 km à partir de la zone infestée. Toute zone adjacente aux principales voies de transport situées dans un rayon de 200 km de l'établissement du fulgore tacheté devrait être considérée comme à risque et l'ACIA devrait envisager le déploiement d'efforts supplémentaires en matière de communication et de surveillance dans ces zones.

Lorsqu'une province compte plusieurs zones réglementées et que celles-ci sont proches les unes des autres, ou lorsqu'une partie importante de la région de production de raisin d'une province est réglementée, il est proposé d'étendre la zone réglementée à l'ensemble de la province. Dans ce scénario, il faudrait respecter les exigences liées au fulgore tacheté pour tout transport hors de la province réglementée, tout en autorisant la circulation sans restriction du matériel à l'intérieur de la province.

Les limites réglementaires doivent être bien communiquées afin de favoriser le respect des règlements établis.

10.6 Déréglementation fédérale

À mesure que le fulgore tacheté se propagera au Canada et que le pourcentage des cultures de raisin touchées au pays augmentera, il faudra évaluer l'efficacité et les avantages permanents de la réglementation par rapport aux ressources nécessaires à l'ACIA et aux parties prenantes pour mettre en œuvre et gérer les programmes nationaux visant à ralentir la propagation. Si l'éradication s'avère impossible ou se révèle infructueuse, le fulgore tacheté sera considéré comme un organisme nuisible établi au Canada dans un avenir prévisible.

Pour déterminer l'efficacité continue du confinement grâce aux mesures de réglementation fédérales, on devra répondre aux questions ci-après :

  • la propagation en territoire canadien s'est-elle poursuivie, par des voies d'entrée liées à l'activité humaine, malgré les exigences réglementaires?
  • l'établissement de l'organisme nuisible est-il considéré comme généralisé – il faudra notamment examiner la zone de production de raisin considérée comme infestée
  • y a-t-il d'autres avantages à ralentir la propagation en tentant d'empêcher les épisodes de dispersion par saut (propagation d'origine humaine) par exemple, il ne reste plus de zones de production de raisin situées à moins de 200 km de la population établie de fulgore tacheté la plus proche.
  • les mesures réglementaires sont-elles toujours justifiées sur le plan technique?
  • les coûts de la réglementation l'emportent-ils sur le coût des ressources protégées?

Si les mesures de confinement ne sont plus considérées comme efficaces, l'ACIA proposera de déréglementer l'organisme nuisible (par exemple qu'il ne fasse plus l'objet d'un contrôle officiel de l'ACIA).

Des exigences et des programmes provinciaux, municipaux ou sectoriels peuvent être établis pour lutter contre ce ravageur en milieu urbain, environnemental ou agricole.

10.7 Évaluation de la stratégie de gestion

Des recommandations seront formulées aux hautes et hauts fonctionnaires de l'ACIA à partir des renseignements présentés à la section 10.1 (analyse de l'incursion), des paramètres décrits à la section 10.6, des ressources humaines et financières disponibles, de la capacité opérationnelle ainsi que des possibilités de collaboration pour soutenir et exécuter la stratégie de gestion.

L'approche devrait être revue chaque année et être modifiée en fonction des meilleures données disponibles.

11. Recherche

La recherche canadienne vise à combler les lacunes dans les connaissances relatives à la protection des secteurs agricole et forestier au Canada. Le Service canadien des forêts mène actuellement une étude sur la tolérance au froid des populations nord-américaines de fulgore tacheté (Turbelin et al., 2025). Selon les premiers résultats de l'étude, des fulgores tachetés nord-américains ont réussi à éclore après avoir été exposés à court et à long terme à des températures inférieures à –20 °C, ce qui est bien en dessous des limites thermiques publiées antérieurement pour cette espèce. Ces résultats portent à croire que le fulgore tacheté pourra survivre dans des climats plus froids qu'on ne le pensait initialement, ce qui pourrait avoir des répercussions sur la propagation prévue de cette espèce au Canada.

D'autres projets de recherche pourraient être mis sur pied pour améliorer :

  • les méthodes d'enquête et de surveillance;
  • les techniques de diagnostic;
  • les moyens de lutte;
  • les stratégies de gestion.

D'autres travaux de modélisation prédictive pourraient être menés afin de recenser les zones les plus à risque. Par exemple, en superposant des modèles prédictifs fondés sur les sauts de dispersion antérieurs par réseaux de transport et sur la disponibilité des espèces hôtes, le Canada pourrait être en mesure de mieux orienter ses efforts de surveillance et de détection.

12. Références

  1. Agence canadienne d'inspection des aliments. (2021). Évaluation du risque phytosanitaire : Lycorma delicatula (2021-001).
  2. Agence canadienne d'inspection des aliments. (2024). DGR-22-03 : Document de décision de gestion de risque phytosanitaire : gestion du risque posé par le fulgore tacheté (Lycorma delicatula White)
  3. Agence canadienne d'inspection des aliments. (2025). D-24-01 : Fulgore tacheté (Lycorma delicatula) – exigences phytosanitaires en territoire canadien et d'importation
  4. Belouard, N., De Bona, S., Helmus, M. R., Smith, I. G. et Behm, J. E. (2025). A method to quantify jump dispersal of invasive species from occurrence data: The case of the spotted lanternfly, Lycorma delicatula. NeoBiota, 98, 319-334. https://neobiota.pensoft.net/article/147310/ (en anglais seulement)
  5. Cook, R. T., Ward, S. F., Liebhold, A. M. et Fei, S. (2021). Spatial dynamics of spotted lanternfly, Lycorma delicatula, invasion of the Northeastern United States. NeoBiota, 70, 23-42. https://neobiota.pensoft.net/article/67950/ (en anglais seulement)
  6. Elsensohn, J. E., Nixon, L. J., Urban, J., Jones, S. K. et Leskey, T. C. (2023). Survival and development of Lycorma delicatula (Hemiptera: Fulgoridae) on common secondary host plants differ by life stage under controlled conditions. Frontiers in Insect Science, 3, Article 1134070. https://www.frontiersin.org/journals/insect-science/articles/10.3389/finsc.2023.1134070/full (en anglais seulement)
  7. Keller, J. A., De Bona, S. et Helmus, M. R. (2026). Leveraging spatial scale and temporal variation to optimize estimates of invasive spread rates. NeoBiota, 106, 287-307.
  8. Simberloff, D. (2009). The role of propagule pressure in biological invasions. Annual Review of Ecology, Evolution, and Systematics 40: 81-102.
  9. Turbelin, A. J., Sinclair, B. J., Rost, J. et Roe, A. D. (2025). Cold tolerance strategy and lower temperature thresholds of Lycorma delicatula egg masses. Environmental Entomology, 54(4), 890-898. https://academic.oup.com/ee/article/54/4/890/8171303 (en anglais seulement)
  10. Uyi, O., Keller, J. A., Johnson, A., Long, D., Walsh, B. et Hoover, K. (2020). Spotted lanternfly (Hemiptera: Fulgoridae) can complete development and reproduce without access to the preferred host, Ailanthus altissima. Environmental Entomology, 49(5), 1185-1190. https://academic.oup.com/ee/article/49/5/1185/5877751 (en anglais seulement)

Annexe 1 – Cadre décisionnel concernant le fulgore tacheté

Cadre décisionnel concernant le fulgore tacheté – description ci-dessous
Figure 1 : Cadre décisionnel – Version texte

Cet organigramme présente un aperçu de la façon dont nous pouvons intervenir en cas de détection du fulgore tacheté au Canada.

Il précise :

  • les principaux points de décision;
  • les renseignements qui permettent d'orienter ces décisions;
  • la transition possible vers des activités telles que :
  • l'établissement d'une zone réglementée;
  • la mise en œuvre de programmes nationaux;
  • la déréglementation du ravageur.

Cet organigramme illustre le possible processus décisionnel de l'ACIA à la suite de la détection du fulgore tacheté au Canada.

Le processus débute dès que l'on confirme avoir détecté la présence du fulgore tacheté. Un plan de communication est mis en œuvre et une enquête de délimitation est menée pour déterminer l'étendue de l'infestation.

Le premier point de décision consiste à savoir si la présence d'une population établie a été confirmée.

  • Si la réponse est oui, le processus passe directement à la possibilité d'établir une zone réglementée par le gouvernement fédéral.
  • Si la réponse est non, des mesures de confinement et d'éradication sont mises en œuvre.

Le point de décision suivant consiste à déterminer si l'éradication est possible.

  • Si la réponse est non, une zone réglementée par le gouvernement fédéral peut être établie.
  • Si la réponse est oui, un programme d'éradication est mis en œuvre.

Après les efforts d'éradication, le point de décision suivant consiste à déterminer si l'éradication a réussi.

  • Si la réponse est oui, les activités réalisées sont une analyse de la voie d'entrée et la surveillance continue du site pour confirmer l'éradication
  • Si la réponse est non, le point de décision suivant consiste à évaluer si d'autres options de traitement sont envisageables et ont des chances de réussir.

Si d'autres options de traitement sont envisageables et ont des chances de réussir, le processus revient au programme d'éradication. Si elles ne sont pas envisageables ou ont peu de chances de réussir, le processus peut passer à l'étape de la création d'une zone réglementée par le gouvernement fédéral.

En outre, le schéma montre que si des mesures de confinement deviennent inefficaces dans une zone réglementée par le gouvernement fédéral, il est possible d'envisager une déréglementation fédérale.

De façon générale, le cadre définit les principales mesures, les points de décision et les renseignements utilisés pour déterminer si l'intervention devrait être axée sur l'éradication, l'établissement d'une zone réglementée, les mesures de gestion continues ou la déréglementation du fulgore tacheté.

Annexe 2 – Produits antiparasitaires homologués contre le fulgore tacheté au Canada

Le groupe de travail sur l'intervention et le traitement, établi dans le cadre du comité consultatif technique sur le fulgore tacheté, a évalué des produits antiparasitaires en vue de leur homologation pour lutter contre le fulgore tacheté avant son arrivée. Ce groupe est composé de représentantes et représentants des entités suivantes :

  • Direction de la réglementation des pesticides (anciennement l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire);
  • Grape Growers of Ontario, Association canadienne des pépiniéristes et des paysagistes;
  • Ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et de l'Agroentreprise de l'Ontario;
  • Ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation de la Colombie-Britannique;
  • Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec;
  • Ministère des Ressources naturelles de l'Ontario;
  • Ministère de l'Environnement de l'Ontario;
  • Conservation et Parcs (MECPO);
  • Espèces envahissantes Canada (anciennement le Conseil canadien sur les espèces envahissantes).

Le groupe a examiné la liste des produits homologués aux États-Unis, la disponibilité de produits canadiens et les besoins de l'industrie.

Les travaux du groupe de travail sur l'intervention et le traitement ont donné lieu à l'homologation des produits suivants au Canada à l'égard du fulgore tacheté (Recherche dans les étiquettes de pesticides)

  • Le savon insecticide Kopa est homologué contre les nymphes du fulgore tacheté présentes sur les arbres fruitiers, les vignes, les arbres d'ornement et d'ombrage ainsi que sur les plantes à fleurs, à feuillage et à massif d'extérieur.
  • L'insecticide Altus (flupyradifurone) est homologué contre le fulgore tacheté (nymphes, adultes) présent sur les plantes ornementales cultivées en extérieur chez les pépiniéristes et les paysagistes, ce qui comprend les plantes à fleurs, les plantes à feuillage, les arbustes, les arbres et les couvre-sol.
  • L'insecticide Sivanto Prime (flupyradifurone) est homologué contre le fulgore tacheté (nymphes, adultes) présent sur les fruits à pépins, les fruits à noyau et les raisins.
  • L'insecticide Danitol (fenpropathrine) est homologué contre le fulgore tacheté (nymphes, adultes) présent sur les fruits à pépins et à noyau.
  • L'insecticide Starkle 20 SG (dinotéfurane) bénéficie d'une homologation d'urgence (du 2 juin 2025 au 2 juin 2028) comme agent pulvérisateur à appliquer sur l'écorce à la base des arbres pour lutter contre le fulgore tacheté sur les arbres d'ornement et d'extérieur et les grands arbustes, de même que dans les forêts, les terrains boisés et autres secteurs boisés. Les stades de développement ciblés sont les nymphes et les adultes.

L'évaluation d'autres produits antiparasitaires se poursuit. En 2024, dans le cadre d'essais de recherche menés en Virginie, avec l'appui du ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et de l'Agroentreprise de l'Ontario et d'Ontario Grape and Wine Research Incorporated, on a évalué l'efficacité de plusieurs produits antiparasitaires homologués pour le raisin aux États-Unis. Ces essais pourraient donner lieu à l'homologation d'autres produits antiparasitaires destinés à être utilisés sur les raisins.

Annexe 3 – Représentation conceptuelle d'une zone réglementée initiale proposée pour le fulgore tacheté

Représentation visuelle de la zone réglementée initiale proposée pour le fulgore tacheté après la confirmation de la présence d'une population établie. Le schéma utilise l'exemple de la structure de comté. Les comtés représentés dans le schéma sont fictifs et ne sont utilisés qu'aux fins d'illustration.

Représentation visuelle d'une zone réglementée initiale proposée pour le fulgore tacheté – description ci-dessous
Figure 2 : Représentation visuelle d'une zone réglementée initiale proposée pour le fulgore tacheté – Version texte

Représentation visuelle d'une zone réglementée initiale proposée pour le fulgore tacheté

Cette figure représente une zone réglementée initiale proposée qui pourrait être créée suivant la confirmation de la présence d'une population établie du fulgore tacheté. La carte utilise une structure de comté fictive aux fins d'illustration uniquement et ne correspond pas à des frontières géographiques réelles.

La carte est centrée sur le comté A, désigné comme le comté de la zone infestée. Le comté A représente le comté dans lequel la présence d'une population établie du fulgore tacheté a été confirmée.

Sept comtés se trouvent à proximité immédiate du comté A : les comtés B, C, D, E, F, G et H. Ces derniers représentent les comtés de la zone tampon. Ensemble, le comté de la zone infestée et tous les comtés contigus de la zone tampon forment la zone réglementée proposée.

Un trait foncé et large entoure le comté A et tous les comtés environnants de la zone tampon, définissant les limites de la zone réglementée. Par conséquent, la zone réglementée comprend le comté de la zone infestée et tous les comtés voisins qui partagent une frontière avec celui-ci.

À l'extérieur des limites de la zone réglementée se trouvent d'autres comtés : les comtés I, J, K, L, M, N, O, P, Q et R. Ils sont considérés comme en dehors de la zone réglementée et ne font pas partie de la limite réglementaire proposée.

Une légende située à gauche de la figure explique les différentes zones :

  • indique le comté de la zone infestée et fait partie de la zone réglementée;
  • indique les comtés de la zone tampon qui font aussi partie de la zone réglementée;
  • indique les zones situées à l'extérieur de la zone réglementée;
  • un contour épais représente les limites de la zone réglementée, qui comprend le comté de la zone infestée et tous les comtés contigus de la zone tampon.