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Rapport d'enquête sur l'éclosion d'influenza aviaire H5N2 en Ontario, 2015

Table des matières

Liste d'acronymes

ACIA
Agence canadienne d'inspection des aliments
ASPC
Agence de la santé publique du Canada
CNMAE
Centre national des maladies animales exotiques
CNOU
Centre national des opérations d'urgence
COU
Centre des opérations d'urgence
COUCO
Centre d'opérations d'urgence de Centre opérationnel
CROU
Centre régional des opérations d'urgence
CSAT
Code sanitaire pour les animaux terrestres
EPI
Équipement de protection individuelle
FBCC
Feather Board Command Center
IADO
Influenza aviaire à déclaration obligatoire
IAHP
Influenza aviaire hautement pathogène
LC
Lieux contaminés
MAAARO
Ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario
N et D
Nettoyage et désinfection
OMSA
Organisation mondiale de la santé animale (fondée en tant qu'Office international des épizooties (OIE))
PFSA
Plan fonctionnel pour la santé des animaux
PSR-IADO
Plan spécifiquement lié aux risques pour l'influenza aviaire à déclaration obligatoire
PSUMAE
Plan de soutien d'urgence contre les maladies animales exotiques
QEL
Questionnaire d'enquête sur les lieux
RCSF
Réseau canadien de la santé de la faune
SCI
Système de commandement des interventions
SCSIADO
Système canadien de surveillance de l'influenza aviaire à déclaration obligatoire
SIG
Système d'information géographique
SOM
Surveillance des oiseaux morts
TTB
Traitement thermique biologique
VC
Vétérinaire en chef
ZCIA
Zone de contrôle de l'influenza aviaire

Objectif du rapport

Le présent rapport vise à décrire l'éclosion de 2015 de l'influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) H5N2, dans le comté d'Oxford en Ontario (Canada), ainsi que l'intervention effectuée.  Dans sa description des mesures de contrôle des maladies appliquées par l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA), le présent rapport démontre au public canadien et aux intervenants externes que le Canada a répondu à toutes les obligations prescrites par les lignes directrices actuelles de l'Organisation mondiale de la santé animale (OMSA).

Sommaire

  • L'IAHP a d'abord été détectée le 5 avril 2015, dans un élevage de dindes à viande. Par la suite, deux autres élevages commerciaux ont été infectés du même virus : un élevage de dindes reproductrices du type à griller, et un centre de génétique des dindes. Tous les oiseaux des établissements infectés ont été éliminés sans cruauté et compostés sur place.
  • Le virus a été identifié comme étant de type H5N2, un virus réassorti composé du H5 du virus eurasien hautement pathogène H5N8, et du N2 d'un virus nord-américain.
  • Des restrictions de déplacement ont été imposées à 73 exploitations agricoles situées dans deux zones : 31 se trouvaient dans un rayon de 10 km du lieu contaminé 1, et 42 dans un rayon de 10 km des lieux contaminés 2 et 3. Des restrictions de déplacement ont également été imposées à deux autres installations situées hors de ces deux zones, en raison de leur contact important avec un lieu contaminé.
  • L'ACIA a lancé une enquête complète sur l'éclosion de la maladie, y compris une analyse épidémiologique. L'enquête a déterminé que :
    • dans deux des lieux contaminés, le virus a été contracté par contact avec des oiseaux sauvages; et
    • pour l'un des lieux contaminés, on soupçonne que le virus provient d'une propagation localisée/environnementale.
  • La surveillance de 70 exploitations commerciales, du 14 avril 2015 au 27 juillet 2015, a donné lieu à la collecte et l'analyse de plus de 1 300 échantillons. Tous ont été trouvés exempts du virus IAHP.
  • Durant la période du 8 juillet 2015 au 8 octobre 2015, une surveillance postéclosion a donné lieu à la collecte de 160 échantillons dans 160 installations. Les résultats ont été négatifs.

1. Comté d'Oxford, Ontario – Contexte de l'éclosion

1.1 Géographie et climat

Le comté d'Oxford est situé au sud-ouest de l'Ontario et comprend la ville de Woodstock. La région présente une bonne diversité de secteurs économiques, dont un secteur agricole notable. Le sud-ouest de l'Ontario compte d'importantes populations d'oiseaux d'eau sauvages, certains présents à longueur d'année, d'autres migrateurs. Le comté d'Oxford se trouve dans la voie migratoire du Mississippi (figure 1), qui s'étend d'ouest en est de la Saskatchewan au Québec, et du nord au sud de l'Arctique au golfe du Mexique et aux Caraïbes.

La station météorologique de Woodstock a fait état d'un mois de transition ayant connu 35 cm de neige au sol et des températures allant de -21 °C le 4 mars à 9,5 °C le 20 mars, date à laquelle toute la neige avait fondu. La fonte rapide a causé des inondations localisées, exacerbées par des températures sous zéro durant la nuit. Des situations météorologiques similaires sont associées à une tendance des rongeurs et des oiseaux sauvages à se réfugier dans les granges, ce qui peut contribuer à propager les maladies.

Figure 1 – La voie migratoire du Mississippi

La voie migratoire du Mississippi. Description ci-dessous.
Description de Figure 1 - La voie migratoire du Mississippi (Texas Parks and Wildlife Department)

Cette carte montre la voie migratoire du sud au nord du Mississippi en Amérique du Nord. Ontario se trouve sur cette route.

La voie migratoire, en général, suit le fleuve Mississippi aux États-Unis et le fleuve Mackenzie au Canada. Les points finaux sont le Centre-Nord du Canada et la région entourant le golfe du Mexique.

1.2 Structure de l'industrie de la volaille

L'industrie de la volaille commerciale de l'Ontario est hautement intégrée. Chaque secteur est représenté par son propre organisme, et il existe des conseils de marketing pour la viande de poulet, la viande de dinde, les œufs de table et les œufs d'incubation. Ces groupes collaborent pour répondre aux enjeux de biosécurité et pour motiver les producteurs à coopérer aux programmes de surveillance et de contrôle des maladies. En dehors des secteurs sous gestion de l'offre, il existe de plus petits secteurs tels que les poules pondeuses-couveuses, les dindes pondeuses, les canards, les oies, les pigeonneaux, les faisans, les cailles et les poulets de spécialité.

Le secteur non commercial de la volaille en Ontario est diversifié, et les systèmes de production individuelle sont uniques. Il n'existe pas de registre obligatoire pour les exploitants du secteur non commercial de la volaille.

L'industrie de la volaille en Ontario représente environ 52 p. cent du secteur canadien de la volaille. En Ontario, le secteur est composé à 56 p. cent de poulets à griller, à 12 p. cent de dindes, et à 33 p. cent d'œufs d'incubation et de table. L'Ontario compte 33 couvoirs agréés par l'ACIA, soit 33 p. cent du total national.

1.3 Biosécurité

L'ACIA, le ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario (MAAARO), le Feather Board Command Center et des groupes de l'industrie ont fait un effort actif pour encourager les bonnes pratiques de biosécurité en Ontario. Ces organismes et l'ACIA ont également donné priorité aux activités de préparation aux urgences.

2. Surveillance nationale de l'influenza aviaire

2.1 Volaille commerciale

Le Système canadien de surveillance de l'influenza aviaire à déclaration obligatoire (SCSIADO) est une initiative conjointe du gouvernement et de l'industrie, qui contribue à soutenir l'absence déclarée d'influenza aviaire à déclaration obligatoire (IADO) au Canada en assurant la surveillance continue de la population de volaille commerciale. Le système a pour but de prévenir et de détecter l'IADO et d'en démontrer l'absence parmi les troupeaux de volaille domestique du Canada. Conçu pour répondre aux lignes directrices de l'OMSA, le SCSIADO concerne en particulier l'influenza aviaire hautement pathogène et les sous-types H5 et H7 moins pathogènes de l'IADO. Lors d'une éclosion d'IADO, le SCSIADO assure la surveillance des installations et des secteurs non touchés par l'éclosion afin de compléter le Plan spécifiquement lié aux risques (PSR) de l'ACIA en matière d'IADO et de contribuer aux déclarations du Canada destinées aux organismes internationaux tels que l'OMSA.

Le SCSIADO comprend :

  • la détection de l'IAHP chez la volaille domestique, dans le cadre de la surveillance passive;
  • la vérification de l'efficacité de la surveillance passive, dans le cadre de la surveillance active;
  • la détection de l'IAHP circulant dans la volaille domestique, dans le cadre de la surveillance active; et
  • la détection de l'IADO, dans le cadre de la surveillance postéclosion.

2.2 Oiseaux sauvages

En 2005, le Canada a lancé une étude annuelle interagences sur la présence des virus de l'influenza A parmi les oiseaux sauvages. Ces études (2005-2015) servent à évaluer le risque d'exposition de la volaille à l'influenza aviaire des oiseaux sauvages migrateurs. Depuis 2005, 4 376 oiseaux morts et 2 794 oiseaux vivants ont été soumis à des tests de dépistage en Ontario dans le cadre du programme national de surveillance du Réseau canadien de la santé de la faune (RCSF). Au total, 686 échantillons étaient infectés du virus de l'influenza A, dont trois du sous-type H5 (en 2005, 2007 et 2010).

3. Aperçu de l'éclosion

3.1 Détection initiale

Le 3 avril 2015, des échantillons du lieu infecté 1 ont été transmis au laboratoire de santé animale (LSA) provincial, à Guelph en Ontario, par un vétérinaire privé.  Le responsable de l'exploitation agricole avait appelé le vétérinaire pour déterminer la cause d'une hausse de la mortalité dans l'une des granges (constatée pour la première fois le 1er avril 2015), qui contenait les oiseaux les plus âgés. Le 5 avril 2015, le LSA a déclaré avoir détecté une IADO de type H5 dans les échantillons soumis. Les échantillons ont ensuite été transmis au Centre national des maladies animales exotiques (CNMAE) de l'ACIA, à Winnipeg au Manitoba, qui a confirmé le 8 avril 2015 que le virus était bien H5N2.

3.2 Résultats du lieu contaminé no 1

Le premier lieu contaminé est un élevage de dindes à viande situé près de Woodstock, en Ontario. L'installation comporte quatre granges où vivent des oiseaux à plusieurs stades de la production, âgés de 6,5 à 16,5 semaines. Chaque grange contenait au départ de 10 000 à 12 000 oiseaux; tous étaient âgés d'environ six semaines et avaient été obtenus auprès d'une poussinière située à proximité. Tous les oiseaux de l'installation étaient destinés directement à l'abattage, et tous étaient obtenus de la même poussinière.

Tel qu'il a été indiqué précédemment, des quatre granges de l'installation, c'est dans la première (G1) que l'on a observé une hausse de la mortalité : seuls 4 500 oiseaux étaient toujours en vie, sur les 9 900 qui s'y trouvaient au départ. Les oiseaux des granges 2, 3 et 4, âgés respectivement de 14,5, 8,5 et 6,5 semaines, n'ont pas connu de hausse suspecte de la mortalité.

Une enquête épidémiologique approfondie a déterminé un lieu à risque élevé, soit la grange de l'éleveur de poussins qui fournissait des dindes au lieu contaminé no 1. Le directeur de cette exploitation était de la famille des directeurs du lieu contaminé no 1, et apportait parfois de l'aide au lieu contaminé no 1. L'exploitation a donc été mise en quarantaine et surveillée pendant 21 jours (trois périodes d'incubation virale) à la suite du dernier contact entre les deux lieux. Aucun signe d'infection n'a été détecté durant cette période.

La source d'infection la plus probable est une infraction à la biosécurité. Le personnel de l'ACIA sur place a signalé un nombre important de petits rongeurs dans les granges, ainsi qu'au moins sept oiseaux sauvages dans l'une des granges après l'élimination des oiseaux d'élevage. Des oiseaux d'eau sauvages se trouvaient également sur la propriété lors des semaines précédant l'infection.

3.3 Résultats du lieu contaminé no 2

Le lieu contaminé no 2 était un reproducteur d'oiseaux à griller situé à environ 38 km du lieu contaminé no 1, et donc hors de la zone de contrôle de 10 km. À la suite d'une hausse de la mortalité dans l'une des granges, un vétérinaire privé a tout d'abord transmis des échantillons au LSA, le 17 avril 2015. La détection du type H5 a été signalée à l'ACIA le 18 avril 2015. Le Centre national des maladies animales exotiques (CNMAE) de l'ACIA a confirmé la présence du virus H5N2 le 19 avril 2015.

L'installation était composée de deux granges interconnectées, chacune abritant de 12 000 à 13 000 oiseaux. Les oiseaux étaient maintenus à une proportion de 90 p. cent de poules contre 10 p. cent de coqs, et tous étaient âgés d'environ 29 semaines.

Une enquête épidémiologique approfondie n'a relevé aucun lien entre le lieu contaminé no 1 et le lieu contaminé no 2.

On estime que le lieu contaminé no 2 a, lui aussi, été infecté en raison d'une infraction à la biosécurité, mais les preuves ne sont pas aussi solides que pour le lieu contaminé no 1. Outre la direction de l'établissement, cinq employés y travaillaient. Tous ont été interrogés et ont fait état de bonnes pratiques de biosécurité (lavage des bottes, changement des vêtements). Des oiseaux sauvages ont été observés sur un tas de compost entre les granges, mais aucun rongeur ou oiseau sauvage n'a été signalé à l'intérieur des granges; on ne peut donc pas confirmer qu'ils sont la source de l'infection.

Le vétérinaire privé qui a prélevé et soumis les premiers échantillons avait effectué des diagnostics post-mortem initiaux à sa clinique. La clinique a été mise en quarantaine, en attente d'une désinfection et d'un nettoyage appropriés. Deux bandes d'oiseaux à griller ayant été visitées par le vétérinaire après ses autopsies ont également été mises en quarantaine. La quarantaine de ces oiseaux a été levée lorsque l'échantillonnage n'a relevé aucune contamination.

3.4 Résultats du lieu contaminé no 3

Le 23 avril 2015, un reproducteur de dindes qui connaissait un taux relatif de mortalité élevé dans l'une de ses granges a communiqué avec l'ACIA. Le personnel de l'ACIA a prélevé des échantillons et les a envoyés au LSA. Le jour même, le LSA a annoncé la détection d'un virus H5. Les résultats confirmant la présence du H5N2 ont été annoncés par le CNMAE le 25 avril 2015. Le lieu contaminé no 3 est situé à proximité du lieu contaminé no 2; environ 600 mètres séparent les granges les plus proches de ces deux établissements.

Cette exploitation comptait environ 8 000 dindes de reproduction, réparties en quatre granges. Les granges 1 et 2 étaient situées près de la route, tandis que les granges 3 et 4 se trouvaient à environ 400 mètres en retrait. En raison de la nature de la production, des oiseaux d'âge divers habitaient dans les granges.

Étant donné la nature et la valeur des oiseaux au lieu contaminé no 3, et l'incapacité d'un établissement de génétique à utiliser un cycle de production par renouvellement intégral, un protocole de biosécurité extrêmement strict a été établi. Le site comptait un nombre relativement important d'employés (environ 20); tous travaillaient uniquement à cet endroit.

La source d'infection la plus probable de cet endroit est le lieu contaminé no 2, par transmission aérienne. Rappelons que les deux propriétés sont séparées par environ 600 m. Les stations météorologiques locales (London et Woodstock, Ontario) indiquaient au moment des faits un fort vent en direction sud-est, ce qui appuie la thèse de la contamination du lieu contaminé no 3 par le vent soufflant du lieu contaminé no 2 – une observation partagée par le personnel de l'ACIA relativement au lieu contaminé no 2, le 18 avril 2015 (cinq jours avant l'apparition des symptômes au lieu contaminé no 3). Cette thèse est également soutenue par la manière dont l'infection est apparue : les oiseaux de la grange située le plus près du lieu contaminé no 2 ont été les premiers à manifester des symptômes. Une analyse plus approfondie du CNMAE de l'ACIA a confirmé que le virus du lieu contaminé no 2 et celui du lieu contaminé no 3 partageaient un plus grand degré d'homologie que les virus de ces deux endroits et celui du lieu contaminé no 1. Toutes ces souches demeurent néanmoins très homologues, et on croit que seule une mutation aléatoire explique les variations d'un lieu à l'autre. Il est moins probable que l'infection soit due à une infraction à la biosécurité, en raison du protocole de biosécurité très strict de ces endroits et de la proximité temporelle et géographique entre les lieux contaminés no 2 et no 3.

3.5 Résultats du laboratoire

Le séquençage du virus H5N2 contenu dans les échantillons de volaille des installations infectées, et l'analyse des résultats, ont indiqué qu'il s'agissait d'un virus réassorti. Le génome de tous les virus de l'influenza A comprend huit segments de gènes ARN, dont les gènes hémagglutinine (H) et neuraminidase (N); H est le principal segment de gène qui détermine la pathogénicité. L'analyse de la séquence permet de diviser globalement les virus d'influenza aviaire en deux lignées : la lignée eurasienne (Europe et Asie) et la lignée nord-américaine. Le nouveau virus H5N2 détecté en Colombie-Britannique contient cinq des huit segments de gènes du virus eurasien H5N8 hautement pathogène, y compris le gène H5, et trois des huit segments des virus nord-américains typiques, dont le gène N2 (originaire des oiseaux sauvages). C'est la première fois qu'un virus d'influenza aviaire hautement pathogène de lignée eurasienne H5 est la cause d'éclosions d'influenza aviaire chez les volailles domestiques en Amérique du Nord. De plus, il semble que ce virus réassorti constitué de segments des virus d'influenza aviaire eurasiens et nord-américains n'a jamais été observé auparavant, bien que chacun des huit segments de gènes ait été identifié en Europe, en Asie ou en Amérique du Nord.

3.6 Conclusion de l'éclosion et surveillance postéclosion

Après l'élimination des oiseaux de chaque lieu contaminé, leurs carcasses, leurs produits et leurs sous-produits ont été compostés sur place pour désactiver le virus par un traitement thermique biologique (TTB). Les granges ont été nettoyées, désinfectées et soumises à une période d'inactivité de 21 jours. Le nettoyage et la désinfection ont été approuvés pour les lieux contaminés no 1 et no 3 le 29 juin 2015, et pour le lieu contaminé no 2 le 8 juillet 2015. La période de surveillance postéclosion a débuté le 8 juillet 2015 et s'est conclue le 8 octobre 2015.

4. Mesures de contrôle des maladies

4.1 Infrastructure d'intervention

4.1.1 Le rôle de l'Agence canadienne d'inspection des aliments

L'OMSA définit un virus d'influenza aviaire à déclaration obligatoire (IADO) comme étant un virus d'influenza aviaire de type A ayant une forte pathogénicité, ainsi que les sous-types H5 et H7. L'IADO est une maladie à déclaration obligatoire au Canada en vertu de la Loi sur la santé des animaux. L'ACIA est la principale agence responsable lors de la détection d'une maladie animale à déclaration obligatoire. D'autres agences fédérales, provinciales et municipales, ainsi que des associations de vétérinaires et des groupes de producteurs, jouent un rôle de soutien.

4.1.2 Les plans de l'ACIA contre les maladies animales exotiques

L'ACIA a conçu des stratégies et des plans opérationnels pour répondre aux cas potentiels de maladies animales exotiques et à déclaration obligatoire. Le Plan de soutien d'urgence contre les maladies animales exotiques (PSUMAE) constitue le cadre des accords coopératifs fédéraux-provinciaux. Il établit les rôles et les responsabilités des gouvernements fédéral et provinciaux lors des urgences liées à une maladie animale. Le PSUMAE décrit également le système de gestion des incidents utilisé pour contrôler l'éclosion.

Le Plan spécifiquement lié aux risques pour l'influenza aviaire à déclaration obligatoire (PSR-IADO) fait partie d'un plan global conçu pour répondre spécifiquement à des cas d'IADO. Il offre des renseignements généraux sur la maladie et établit les principes de contrôle et d'éradication des maladies, de désinfection des lieux, et de surveillance. La structure d'intervention d'urgence et les procédures de mise en œuvre de ces plans sont décrites dans le Plan d'intervention d'urgence de l'ACIA et dans le Plan fonctionnel pour la santé animale (PFSA) de l'ACIA.

4.1.3 Établissement de centres d'opérations d'urgence

Lorsqu'un spécimen posant un risque élevé est soumis en raison de signes d'une maladie à déclaration obligatoire, les équipes d'intervention d'urgence de l'ACIA à l'échelle nationale et au niveau du Centre opérationnel sont alertées. Une fois le diagnostic confirmé, une série d'étapes est suivie pour appliquer les procédures de contrôle et d'éradication décrites dans le PSR-IADO, le PFSA et le Plan d'intervention d'urgence de l'ACIA. À la discrétion du directeur général du Centre opérationnel, un centre régional des opérations d'urgence (CROU) ou un centre d'opérations d'urgence de Centre opérationnel (COUCO) est établi pour coordonner l'enquête sur le terrain et les activités de contrôle de la maladie. Un centre national des opérations d'urgence (CNOU) est également établi à l'Administration centrale, à Ottawa, pour soutenir les activités sur le terrain.

4.1.4 Centre d'opérations d'urgence de Centre opérationnel (COUCO)

Le COUCO de l'ACIA a été activé le 6 avril 2015; ses sections se sont mobilisées à London et à Guelph, Ontario.

Le MAAARO a prêté de l'expertise et du soutien technique et a assuré un rôle de liaison avec l'ACIA tout au long de l'intervention. Certains membres du personnel du MAAARO faisaient partie de la structure du SCI, conformément aux exigences. Le Feather Board Command Center a apporté un soutien supplémentaire en contribuant à la coordination avec l'industrie de la volaille et en fournissant au besoin des connaissances et de l'aide en lien avec l'industrie.

4.1.5 Centre national des opérations d'urgence (CNOU)

Le 6 avril 2015, le CNOU a été activé à Ottawa. Le CNOU offre du soutien aux activités sur le terrain associées aux politiques de contrôle et d'éradication des maladies, aux questions juridiques, aux communications, aux consultations avec des groupes de producteurs nationaux, aux relations internationales, et aux activités de liaisons interprovinciales.

4.2 Établissement de zones

Conformément au PSR-IADO de l'ACIA, toutes les exploitations dans un rayon de 10 km qui abritent des espèces susceptibles à la maladie ont été mises en quarantaine. En raison de la proximité des lieux contaminés no 2 et no 3, toutes les exploitations susceptibles dans un rayon de 10 km de l'une étaient aussi à moins de 10 km de l'autre; une zone combinée a donc pu être créée. Aux fins de clarté, les deux zones ont été nommées la Zone de contrôle de l'influenza aviaire (ZCIA) 1, autour du lieu contaminé no 1, et la ZCIA 2, autour des lieux contaminés no 2 et no 3.

4.3 Retraçage épidémiologique

Conformément au PSR-IADO de l'ACIA et au Code sanitaire pour les animaux terrestres (2014) de l'OMSA, l'ACIA a entrepris de retracer le déplacement des volailles, des produits de la volaille, et des objets ayant été exposés aux volailles et aux produits de la volaille associés à un lieu contaminé durant la période de 21 jours précédant l'apparition des symptômes de l'IADO. Cette période de 21 jours, appelée la période critique, représente trois fois la période d'incubation maximale de l'influenza aviaire (7 jours selon l'OMSA). La date des premiers symptômes d'un lieu contaminé a été déterminée en consultant les registres de production et en interrogeant les producteurs.

D'après les renseignements du laboratoire indiquant un niveau d'homologie élevé entre la souche d'IADO de 2015 en Ontario et la souche d'IADO de 2014 en Colombie-Britannique, il a été décidé en Ontario de réduire de sept à cinq jours la période d'incubation. Malgré cette réduction, une période critique de 21 jours a été maintenue dans le cadre de l'intervention.

Le retraçage épidémiologique a pour but :

  • de déterminer les lieux susceptibles d'avoir été exposés au virus de l'IADO par contact direct ou indirect avec un lieu contaminé; et
  • de déterminer les sources potentielles d'introduction du virus de l'IADO dans les lieux contaminés.

Le Questionnaire d'enquête sur les lieux (QEL) de l'ACIA a été employé pour recueillir des données épidémiologiques pertinentes sur les exploitations avicoles soumises à une enquête. Durant la période critique, tous les déplacements directs de la volaille au sein d'un lieu contaminé, à partir d'un lieu contaminé et vers un lieu contaminé ont été évalués, en tenant compte du stade de l'éclosion et du niveau de risque. À la suite du retraçage en amont (vers le lieu) et en aval (hors du LC), les exploitations n'ayant eu aucun contact direct confirmé ont été soumises à une analyse qualitative des risques pour déterminer la possibilité de transmission par contact indirect. Tout déplacement indirect potentiel a été classé en fonction d'un risque faible, modéré ou élevé. Les décisions relatives aux lieux soumis au retraçage ont été prises par le chef de la planification, avec l'aide de la section de planification nationale et de la section de planification du Centre opérationnel.

En date du 22 juillet 2015, 26 retraçages avaient été effectués. Des 26 retraçages, trois étaient liés au déplacement d'oiseaux vivants; huit à des fournisseurs de services ayant des contacts avec les oiseaux; sept au déplacement de produits et de sous-produits; et huit à des fournisseurs de services sans contact avec les oiseaux.

4.4 Enquête du laboratoire

Le laboratoire de santé animale de Guelph, Ontario, appartient au Réseau canadien de surveillance zoosanitaire (RCSZ). Il a soumis à l'épreuve RRT-PCR tous les échantillons prélevés sur le terrain pour déterminer s'ils contenaient des éléments d'influenza de type A et de H5. Le CNMAE a réalisé une série d'épreuves pour confirmer et caractériser le virus, notamment la matrice RRT-PCR, l'isolation du virus dans des œufs, RRT-PCR pour H5, cELISA">cELISA, bELISA, l'inhibition de l'hémagglutination (IH), l'indice de pathogénécité par voie intraveineuse (IPIV) l'histologie, l'épreuve immunocytochimique et le séquençage. La majorité des échantillons prélevés ont été envoyés au laboratoire de santé animale de Guelph. Les trois lieux où l'on a relevé des résultats positifs ont été déclarés comme des lieux contaminés. 

Le CNMAE a classifié le virus comme étant de type H5N2. Une analyse et un séquençage plus approfondis ont révélé que l'agent infectieux était un virus réassorti constitué des gènes des lignées eurasienne et nord-américaine d'influenza aviaire. Le virus contenait des segments de gènes du virus eurasien hautement pathogène H5N8, y compris le gène H5, et des segments de virus nord-américains typiques, dont le gène N2. C'est la première fois qu'un virus d'IAHP de lignée eurasienne H5 est la cause d'éclosions d'influenza aviaire chez les volailles domestiques en Amérique du Nord.

4.5 Restriction des déplacements et délivrance de permis

Pour contrôler les déplacements, une quarantaine a été imposée à tous les lieux situés dans les zones de contrôle, ainsi qu'aux lieux à risque élevé indiqués précédemment.

Pour contrôler les déplacements sur les lieux contaminés, tous les lieux dans un rayon de 5 km d'un lieu contaminé et les lieux ayant un lien épidémiologique ont été initialement mis en quarantaine et déclarés comme des lieux contaminés. Tout déplacement sur ces sites nécessitait un permis. Une fois les zones de contrôle de l'IADO établies, les lieux dans un rayon de 5 km sont demeurés en quarantaine et ont maintenu leur désignation de lieu contaminé, et des quarantaines supplémentaires ont été imposées aux lieux dans un rayon de 10 km. Les déplacements ont été contrôlés par la délivrance de permis, laquelle était contrôlée par la section des permis et du contrôle des déplacements et reposait essentiellement, entre autres conditions, sur la participation aux rapports de surveillance des oiseaux morts et de santé des bandes d'oiseaux. L'industrie a coordonné le placement des oiseaux sur les lieux situés entre 5 et 10 km. Lors des phases subséquentes de l'éclosion, les conditions relatives aux permis ont été assouplies. Au cours de l'intervention, 532 permis de déplacement ont été délivrés par l'ACIA.

4.6 Surveillance

4.6.1 Surveillance générale

Des échantillons ont été prélevés de l'oropharynx d'oiseaux vivants, à des lieux situés dans les zones de contrôle et à des lieux ayant un lien épidémiologique. Les échantillons ont été soumis à l'épreuve RT-PCR pour détecter l'influenza de type A, et à l'épreuve RRT-PCR pour détecter le gène H5. 

  • Aux lieux commerciaux, un échantillon de l'oropharynx a été prélevé de 60 oiseaux par grange.
  • Aux lieux non commerciaux, un échantillon de l'oropharynx a été prélevé de 25 oiseaux si l'élevage comptait 25 oiseaux ou plus. Dans les élevages de moins de 25 oiseaux, l'ACIA a prélevé un échantillon de chaque oiseau. Si des oiseaux d'eau domestiques tels que des canards ou des oies se trouvaient sur le site, les échantillons ont été prélevés de leur cloaque plutôt que de leur oropharynx.

4.6.2 Surveillance des oiseaux morts

Les exploitations avicoles commerciales des zones de contrôle no 1 et no 2 ont été mises sous surveillance afin de détecter rapidement toute propagation de la maladie. Des oiseaux morts ont été ramassés deux fois par semaine dans les lieux des zones 1 et 2 jusqu'au 21 mai, après quoi la fréquence de la collecte a été réduite à une fois par semaine. L'ACIA et les associations de l'industrie ont travaillé de concert pour faire en sorte que les producteurs se soumettent aux exigences de surveillance.

L'ACIA a livré des caisses aux exploitations situées dans les zones de contrôle et leur a donné des instructions sur la participation au programme de surveillance. Jusqu'à cinq oiseaux morts récemment dans chaque grange de chaque lieu devaient être mis dans les caisses et laissés à l'entrée de l'exploitation aux fins d'échantillonnage. L'échantillonnage avait lieu à un certain jour ou à certains jours de la semaine, tel qu'il avait été déterminé par l'ACIA. S'il n'y avait pas d'oiseaux morts pour un jour d'échantillonnage donné, le producteur devait placer une caisse à l'envers à l'entrée de l'exploitation. La procédure avait pour but de limiter la propagation du virus. Les équipes de surveillance demeuraient aux limites de la propriété, sans y entrer. Après l'échantillonnage, les oiseaux morts étaient laissés dans les caisses à l'entrée pour que le producteur les élimine.

Chaque jour, l'unité de surveillance a établi une liste des exploitations où collecter des oiseaux morts. Tous les producteurs ne laissant pas de caisses à l'entrée de l'exploitation au jour désigné ont été déclarés non conformes. Dans l'ensemble, le niveau de conformité était extrêmement élevé. Pour chaque cas de non-conformité, l'ACIA ou un représentant de l'industrie a communiqué avec le producteur pour déterminer la cause. À l'instar des élevages de volaille commerciaux, les élevages non commerciaux appartenant à des particuliers ont été mis sous surveillance. Ces élevages ont été déclarés par leurs propriétaires ou par l'industrie, ou ont été trouvés lors des activités de surveillance. Il n'y avait aucun moyen de déterminer avec précision quel pourcentage des petits élevages de la zone de contrôle de l'influenza aviaire ont été recensés. Des caisses à oiseaux morts ont été fournies aux propriétaires de ces élevages, de même que des instructions sur la manière de présenter ces oiseaux. Comme peu de mortalités étaient attendues, les propriétaires ont été tenus de demander un échantillonnage chaque fois qu'un oiseau mourait, plutôt que de laisser des caisses à l'extérieur certains jours de la semaine.

La surveillance des oiseaux morts a pris fin le 13 juillet dans la zone de contrôle 1, et le 27 juillet dans la zone de contrôle 2. Environ 1 300 oiseaux de tous les types d'élevage ont été soumis aux épreuves du laboratoire de santé animale. Tous les échantillons se sont avérés négatifs.

4.6.3 Santé de l'élevage et dossiers de production

Les données sur la production, telles que le taux de mortalité, la production d'œufs et la consommation en eau et en aliments, ont été transmises à l'ACIA par courriel ou par télécopieur deux fois par semaine par tous les lieux de la zone de contrôle, y compris les petits éleveurs. Quand la surveillance des oiseaux morts est passée de deux à une fois par semaine, il en a été de même pour l'exigence de remise de questionnaires sur la santé des élevages.

4.6.4 Surveillance préalable aux déplacements

Cette surveillance a été imposée aux exploitations avicoles de la zone de contrôle qui déplacent des volailles vivantes ou des produits de la volaille. Dans le cas de cette éclosion, les dossiers sur la santé des élevages et les résultats négatifs de la surveillance des oiseaux morts ont été traités comme des indicateurs sensibles dans le cadre du dépistage du virus dans l'élevage. Les lieux ayant participé régulièrement à ce programme de surveillance de l'éclosion ont été déclarés comme étant admissibles à l'obtention d'un permis.

4.7 Activités de dépopulation et d'élimination

Tous les oiseaux des lieux contaminés ont été euthanasiés sans cruauté en fermant les granges de manière étanche et en les remplissant de dioxyde de carbone (CO2). Des tas de compost ont été formés à l'intérieur des granges pour enrayer le virus grâce au processus de traitement thermique biologique. Selon le protocole de l'ACIA pour ce processus, les températures moyennes à l'intérieur et à l'extérieur du tas de compost doivent être égales ou supérieures à 37 °C pendant six jours consécutifs pour assurer l'inactivation du virus. Les spécialistes de l'élimination de l'ACIA ont relevé quotidiennement les températures à divers points du tas de compost. Une fois les exigences satisfaites en matière de température et de période, le tas de compost a été déplacé à l'extérieur de la grange pour compostage secondaire. Les protocoles de l'ACIA ont orienté le traitement thermique biologique à l'intérieur de la grange suivi du compostage secondaire à l'extérieur. Le compostage secondaire était la responsabilité du propriétaire et ne nécessitait aucune surveillance par l'ACIA. Il a été effectué avec le soutien et les conseils du personnel du MAAARO pour assurer sa conformité aux lois provinciales applicables.

4.8 Nettoyage et désinfection des installations et de l'équipement

Une fois les granges vides, l'ACIA a réalisé une évaluation sur le terrain en compagnie du propriétaire de chaque lieu. Cette évaluation a déterminé quels immeubles, quelles fournitures et quel équipement devaient être nettoyés et désinfectés, et a cerné les problèmes potentiels relatifs à des articles et à des aires difficiles.

Le nettoyage et la désinfection étaient la responsabilité du propriétaire des lieux, qui devait présenter son protocole de nettoyage et de désinfection des lieux. L'ACIA a lu les protocoles et accepté ceux qui contenaient tous les renseignements et tous les facteurs à considérer nécessaires d'après l'évaluation sur place. Après le nettoyage, le producteur devait communiquer avec l'ACIA; si cette étape était jugée satisfaisante, la désinfection pouvait commencer.

L'approbation du nettoyage, donnée par les inspecteurs de l'ACIA, était basée sur une vérification visuelle du retrait et de l'élimination appropriée de toutes les saletés et matières organiques des surfaces à désinfecter, ainsi que de l'élimination des articles contaminés que l'on ne pouvait pas désinfecter. Lors de cette étape, le propriétaire devait employer du détergent ou des agents dégraissants pour éliminer les virus et exposer les virus résiduels aux désinfectants.

La désinfection consistait à vaporiser un désinfectant approuvé sur tous les endroits où des animaux seraient présents une fois l'exploitation repeuplée, en utilisant une quantité suffisante et en respectant le temps de contact précisé par le fabricant. Les inspecteurs de l'ACIA ont également inspecté la désinfection avant de donner leur approbation finale.

4.9 Levée de la quarantaine des lieux contaminés

La levée de la quarantaine des lieux précédemment contaminés a été autorisée dans les conditions suivantes :

  1. l'ACIA a approuvé les mesures de nettoyage et de désinfection; et
  2. les lieux :
    • sont demeurés exempts d'espèces vulnérables à la maladie pour une période d'au moins 21 jours après l'approbation du nettoyage et de la désinfection, pour s'assurer que tout virus résiduel a été éliminé; ou
    • ont été repeuplés, et une épreuve hebdomadaire de type PCR avec matrice sur la présence d'influenza de type A, appliquée à un nombre statistiquement significatif des oiseaux placés, a obtenu un résultat négatif. La dernière épreuve a eu lieu au moins 21 jours après le placement des oiseaux dans la grange.

Les trois lieux précédemment contaminés ont choisi l'option a).

4.10 Levée des restrictions de déplacement des lieux non contaminés

Les lieux non contaminés liés à des lieux précédemment contaminés ont été libérés de leurs restrictions de déplacement une fois que la déclaration de lieu infecté a été levée.

4.11 Surveillance postéclosion

Après l'approbation du nettoyage et de la désinfection des derniers lieux infectés, la période de surveillance postéclosion de trois mois a débuté. Pour répondre aux critères d'analyse épidémiologique de l'OMSA, on a déterminé que 160 exploitations de la zone d'éclosion constitueraient un échantillon suffisant, en plus de l'échantillonnage normal de la province dans le cadre du programme du SCSIADO. Tous les échantillons ont été recueillis par des vétérinaires aviaires privés sous contrat de l'ACIA, et transmis au CNMAE de l'ACIA aux fins d'analyse.

5. Sommaire des résultats et hypothèses de départ sur la source et la transmission de l'IADO

5.1 Source du virus

Les oiseaux d'eau sont des vecteurs primaires bien connus de diverses souches de grippe aviaire. Un rapport récent de l'ACIA, intitulé Qualitative Risk Assessment of a Highly Pathogenic Avian Influenza Virus in Canada (évaluation qualitative des risques liés à un virus de l'influenza aviaire hautement pathogène au Canada), a examiné de multiples sources potentielles du virus H5N2. D'après l'enquête épidémiologique ayant suivi cette intervention, la seule explication valable pour l'introduction du virus dans l'environnement semble être les oiseaux d'eau migrateurs. La présence alléguée d'oiseaux d'eau à proximité des lieux touchés, en particulier le lieu contaminé no 1, semble appuyer cette thèse.

En l'absence apparente de connexions entre le lieu contaminé no 1 et l'ensemble de lieux contaminés no 2 et no 3, rien ne suggère que le virus s'est propagé du lieu contaminé no 1 au lieu contaminé no 2. Il y a donc lieu de croire que le lieu contaminé no 2 a été infecté indépendamment par des oiseaux d'eau migrateurs.

5.2 Véhicules de propagation

Les oiseaux d'eau répandent le virus dans leur environnement par l'entremise de leurs excréments. La probabilité d'exposition de la volaille élevée à l'intérieur à des oiseaux d'eau migrateurs dépend de plusieurs facteurs, dont la densité de la population de volaille dans la zone touchée, la force des mesures de biosécurité, le niveau et la fréquence du contact entre les employés de l'exploitation et les oiseaux, et la proximité de la volaille avec les voies migratoires des oiseaux sauvages. Bien que les systèmes de production avicole du Canada soient conçus pour réduire, voire prévenir le contact entre les oiseaux sauvages et la volaille commerciale, il demeure une possibilité que le virus se propage de l'environnement à l'élevage en cas d'infraction à la biosécurité.

La majorité des éclosions d'IAHP au Canada ont eu lieu dans la vallée du Fraser, en Colombie-Britannique, où il y a une forte concentration d'exploitations avicoles. Les éclosions antérieures dans cette région ont donc entraîné une propagation importante. Par comparaison, la production avicole est nettement moins dense dans le comté d'Oxford : peu de grandes exploitations se trouvent à proximité l'une de l'autre. Toutes les activités ayant eu lieu autour des lieux contaminés durant la période critique ont fait l'objet d'enquêtes de retraçage en amont et en aval; ces enquêtes n'ont relevé aucun signe de vecteur passif ni de tout autre transmission liée aux activités.

5.3 Épidémiologie sur le terrain – Sommaire des résultats

Étant donné les divers types d'exploitations touchées et l'absence apparente de liens entre l'une ou l'autre des trois propriétés, l'éclosion est probablement due à deux contaminations indépendantes par l'entremise d'oiseaux d'eau migrateurs (lieux contaminés no 1 et no 2), avec une propagation locale/environnementale limitée (lieu contaminé no 3).

Tous les liens possibles ont été examinés pour déterminer toute connexion éventuelle entre les lieux contaminés, par exemple des vétérinaires, des fournisseurs d'aliments, des ramasseurs de cadavres, du personnel en commun et des fournisseurs de litière. Pour examiner les liens plus en profondeur, tous les responsables des lieux contaminés ont été interrogés de nouveau par le personnel de l'ACIA. Ni l'enquête initiale, ni la deuxième enquête n'ont pu établir de lien. En l'absence de nouvelles données, on recommande de continuer à traiter l'éclosion comme étant deux contaminations indépendantes avec une propagation locale limitée.