Myiase à Cochliomyia hominivorax et à Chrysomya bezziana
Infestation causée par les larves de la lucilie bouchère du Nouveau Monde et de l'Ancien Monde

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Situation actuelle

La lucilie bouchère du Nouveau Monde n'est pas présente au Canada et aucun cas de myiase à Cochliomyia hominivorax n'a été détecté au Canada.

Le 3 juin 2026, les États-Unis ont confirmé la détection d'un cas de myiase à Cochliomyia hominivorax chez un veau au Texas (en anglais seulement). D'autres cas ont depuis été signalés au Texas et au Nouveau-Mexique.

L'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) surveille la situation de près et prend des mesures de précaution pour empêcher l'introduction de la lucilie bouchère du Nouveau Monde au Canada.

Qu'est-ce que la lucilie bouchère, la myiase à Cochliomyia hominivorax et la myiase à Chrysomya bezziana

La lucilie bouchère du Nouveau Monde (Cochliomyia hominivorax) et la lucilie bouchère de l'Ancien Monde (Chrysomya bezziana) sont des mouches parasites dont les larves (asticots) se nourrissent des tissus vivants d'animaux à sang chaud.

Lorsque les larves de la lucilie bouchère du Nouveau Monde s'enfouissent dans la chair d'un animal vivant, elles provoquent une affection douloureuse appelée myiase à Cochliomyia hominivorax. De même, lorsque les larves de la lucilie bouchère de l'Ancien Monde s'enfouissent dans la chair d'un animal vivant, elles provoquent une myiase à Chrysomya bezziana. Si elle n'est pas traitée, la myiase peut entraîner des lésions graves, des infections et la mort.

La lucilie bouchère peut infester le bétail, les animaux domestiques, la faune, parfois les oiseaux et, dans de rares cas, les humains.

Bien que des cas aient été signalés chez les humains, les infestations de larves de la lucilie bouchère sont principalement un problème de santé et de bien-être des animaux et ne constituent pas un risque pour la salubrité des aliments.

La lucilie bouchère du Nouveau Monde et la lucilie bouchère de l'Ancien Monde ne sont pas présentes au Canada. Le climat canadien n'est généralement pas propice à l'établissement à long terme de ces mouches, particulièrement pendant les mois d'hiver. Elles préfèrent les milieux chauds et humides où la température de l'air se situe entre 25 et 30 degrés Celsius. Elles peuvent toutefois survivre pendant un certain temps à des températures aussi basses que 8 degrés Celsius.

Au Canada, la myiase à Cochliomyia hominivorax et la myiase à Chrysomya bezziana sont des maladies à notification immédiate aux termes de la Loi sur la santé des animaux. Les laboratoires sont tenus d'aviser l'ACIA de tout cas soupçonné ou avéré d'infestation.

Différence entre la lucilie bouchère du Nouveau Monde et la lucilie bouchère de l'Ancien Monde

Les principales différences entre la lucilie bouchère du Nouveau Monde et la lucilie bouchère de l'Ancien Monde sont l'espèce de mouche et son emplacement géographique.

Aire de répartition de la lucilie bouchère du Nouveau Monde

La lucilie bouchère du Nouveau Monde est présente dans certaines régions des Caraïbes, d'Amérique centrale et du Sud et du Mexique.

Aux États-Unis, cette espèce a été éradiquée en 1966. Un foyer épidémique a été enrayé en Floride en 2017. En juin 2026, les États-Unis ont confirmé le retour de la lucilie bouchère du Nouveau Monde, sa présence ayant été détectée au Texas et au Nouveau-Mexique.

Aire de répartition de la lucilie bouchère de l'Ancien Monde

La lucilie bouchère de l'Ancien Monde est présente dans certaines régions d'Asie, d'Afrique et du Moyen-Orient. L'espèce ne s'est jamais établie de manière permanente dans l'hémisphère occidental.

Risques pour la santé humaine

Bien que cela soit rare, la myiase causée par la lucilie bouchère peut toucher les humains.

L'infestation survient lorsqu'une mouche femelle pond ses œufs dans une plaie ouverte ou sur des muqueuses. Les infestations de larves de lucilie bouchère sont douloureuses et peuvent entraîner l'aggravation progressive des plaies et le développement d'infections bactériennes secondaires. Les plaies peuvent dégager une odeur nauséabonde et contenir des larves.

Le risque est généralement faible pour la plupart des Canadiennes et des Canadiens.

Il est toutefois plus élevé pour les personnes ayant des plaies ouvertes qui voyagent ou passent du temps avec des animaux dans des régions où la lucilie bouchère est présente.

Les Canadiennes et Canadiens qui reviennent de l'étranger doivent consulter une ou un médecin s'ils développent des symptômes correspondant à ceux d'une infestation de larves de lucilie bouchère.

L'Agence de la santé publique du Canada recommande à toute personne qui voyage de consulter une ou un prestataire de soins de santé au moins six semaines avant son départ pour connaître les risques et les mesures de précaution à prendre.

Salubrité des aliments

L'infestation ne se transmet pas par la consommation de viande ou d'autres produits animaux. La principale préoccupation est la santé et le bien-être des animaux vivants.

Les mesures de précaution mises en place par le Canada visent à prévenir l'introduction et la propagation de la lucilie bouchère chez les animaux vivants. Elles n'ont aucune incidence sur la salubrité des aliments.

Les restrictions à l'importation liées à la myiase à Cochliomyia hominivorax s'appliquent à certains animaux vivants, notamment les bovins et les chevaux, et sont distinctes des mesures de salubrité des aliments.

Signes et symptômes chez les animaux

Animaux susceptibles d'être touchés

La lucilie bouchère peut infester les animaux à sang chaud, y compris le bétail (bovins, porcs, moutons, chèvres et chevaux), la faune, les chiens, les chats et, plus rarement, les oiseaux.

Les animaux nouveau-nés peuvent être particulièrement vulnérables, car les mouches femelles sont attirées par les plaies et les orifices corporels, notamment le nombril des nouveau-nés.

Animaux de compagnie

La lucilie bouchère peut infester les animaux de compagnie, tels que les chiens et les chats.

Les propriétaires qui voyagent avec leurs animaux de compagnie dans des régions où la lucilie bouchère est présente doivent faire preuve de prudence et vérifier si leurs animaux présentent des plaies ou d'autres signes d'infestation. Les personnes qui rentrent au Canada avec des animaux de compagnie ou d'assistance doivent continuer de surveiller leurs animaux et consulter une ou un vétérinaire en cas d'apparition de signes ou de symptômes.

Signes d'une infestation chez les animaux

Les lucilies bouchères adultes peuvent être difficiles à distinguer de certaines autres espèces de mouches. Les signes d'infestation ne sont généralement visibles qu'une fois que les œufs ont éclos et que les larves ont commencé à se nourrir.

Ces signes peuvent comprendre :

  • des plaies qui s'aggravent avec le temps
  • un écoulement ou une odeur nauséabonde provenant d'une plaie
  • la présence de larves visibles dans une plaie
  • une gêne ou une irritation
  • une perte d'appétit
  • une diminution de la production de lait
  • une tendance à s'isoler du reste du troupeau

Dans le cadre des soins courants prodigués aux animaux, les propriétaires doivent examiner ceux-ci régulièrement afin de détecter la présence de plaies et de signes de maladie. Un dépistage et un traitement précoces sont essentiels pour réduire le risque de complications graves et de propagation de la lucilie bouchère.

Au Canada, la myiase à Cochliomyia hominivorax et la myiase à Chrysomya bezzian sont des maladie à notification immédiate aux termes de la Loi sur la santé des animaux. Les propriétaires d'animaux doivent communiquer immédiatement avec leur vétérinaire s'ils soupçonnent un cas de myiase.

Propagation de la lucilie bouchère chez les animaux

La lucilie bouchère femelle pond ses œufs dans des plaies, des lésions cutanées ou sur les muqueuses, notamment le nez, la bouche, les yeux, les oreilles et les organes génitaux. Le nombril des animaux nouveau-nés et les incisions chirurgicales peuvent également être infestés.

Dès qu'elles éclosent, les larves s'enfoncent dans la peau de l'animal et se nourrissent de sa chair. Après environ une semaine, les larves sortent de la plaie et tombent au sol, où elles s'enfouissent pour se nymphoser, se transformant ainsi en mouches adultes qui perpétuent le cycle biologique.

Les plaies infestées par la lucilie bouchère attirent souvent d'autres espèces de mouches. Il est donc fréquent d'observer plusieurs infestations de différentes mouches chez un même animal.

Diagnostic chez les animaux

Si les propriétaires d'animaux soupçonnent un cas de myiase à Cochliomyia hominivorax ou de myiase à Chrysomya bezziana, ils devraient communiquer immédiatement avec une ou un vétérinaire.

D'autres espèces de mouches présentes au Canada, notamment la mouche verte de la viande (Lucilia sericata), la mouche noire de la viande (Phormia regina) et les mouches bleues de la viande (espèces du genre Calliphora), peuvent provoquer des infestations dont les symptômes s'apparentent à ceux d'une infestation de larves de lucilie bouchère. Certaines de ces mouches peuvent en outre infester des plaies chez les animaux vivants ou se loger dans des lésions préexistantes provoquées par la lucilie bouchère. Contrairement à cette dernière, dont les larves se nourrissent de tissus vivants des animaux, de nombreuses autres espèces de mouches se nourrissent de tissus morts ou de matières organiques en décomposition, voire des deux.

Des signes cliniques pourraient laisser supposer aux propriétaires d'animaux et aux vétérinaires un cas de myiase à Cochliomyia hominivorax ou de myiase à Chrysomya bezziana, mais l'identification de la mouche ne peut être confirmée qu'au moyen de tests de laboratoire.

Traitement des animaux infestés

Si un cas de myiase à Cochliomyia hominivorax ou de myiase à Chrysomya bezziana est détecté chez un animal au Canada, l'ACIA travaillera en collaboration avec la communauté vétérinaire pour fournir des directives sur la prise en charge et le traitement de l'animal touché. Ces mesures comprendront l'isolement de l'animal infesté dans un endroit permettant de détecter et de détruire toute larve sortant de la plaie. Empêcher les larves de pénétrer dans l'environnement ou d'infester un autre animal contribue à réduire le risque de propagation. Les plaies doivent être nettoyées, les œufs et les larves doivent être retirés et éliminés de manière appropriée, et des traitements doivent être administrés pour prévenir toute possibilité de réinfestation.

Les vétérinaires peuvent prodiguer des conseils sur la façon de traiter et de soigner les plaies chez le bétail et les animaux de compagnie.

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